Le 19 décembre 2016 i c'était la dernière des "Voeux du coeur"...
Ça a été une aventure humaine et artistique formidable. Je suis tellement fier d'avoir pu défendre ce personnage, cette pièce, et heureux d'avoir partagé cela avec cette équipe merveilleuse.
Merci à ceux qui ont rendu ce genre de spectacle possible,
Merci à ceux qui sont venus nous voir à Paris, en Province ou en Belgique,
Et merci pour les souvenirs, les fous rires, les émotions fortes... ❤️
Dernière de Peppa Pig au Casino de Paris, en ce dernier jour de 2016 !
Ça aura été un bonheur total : équipe de rêve, humainement et artistiquement. Je vous aime tellement !
Merci aussi à l'équipe technique au top, au Casino de Paris pour son accueil si chaleureux, aux attachés presse pour leur efficacité, et enfin à Decibels Prod de m'avoir confié les rênes de ce beau projet :)
Après un nouveau week-end Peppa Pig complet, on rajoute des dates au Casino de Paris jusqu'au 31 décembre, avant une tournée le premier semestre 2017 en France et Suisse.
Julien est le directeur artistique du nouveau groupe phénomène NEW
POPPYS.
Leur premier single "Non non rien n’a changé" est disponible à
la vente, et leur premier album, produit par Sony Music (Smart), sortira
le 25 novembre 2016 !
Julien
est le directeur artistique du nouveau groupe phénomène NEW POPPYS.
Leur premier single "Non non rien n’a changé" est disponible à la vente,
et leur premier album, produit par Sony Music (Smart), sortira le 25
novembre 2016 !
Tandis qu’en 2005, Léonardo
DiCaprio donnait une image sensuelle et entière du jeune poète dans
Rimbaud Verlaine (Total Eclipse), c’est Julien Alluguette qui incarne
avec brio Arthur Rimbaud aux côtés de Didier Long qui endosse le rôle de
Paul Verlaine et met en scène leurs amours tumultueuses et passionnées
avec une exaltation de tous les instants, faisant d’Eclipse Totale l’une
des plus belles révélations du OFF d’Avignon 2016.
En 1871, le jeune Arthur Rimbaud, à peine
dix-sept ans, rencontre Paul Verlaine et son épouse Mathilde. Avec ses
airs de voyou, ses manières de mauvais garçon et son franc parler, il a
des opinions bien tranchées et possède en plus de sa beauté la fougue de
sa jeunesse et une force invisible qui le rend invincible aux yeux du
monde entier. Entre les deux hommes, c’est le coup de foudre artistique
immédiat mais très vite, une attirance corporelle et sexuelle s’empare
d’eux. Ils se consument d’une passion ardente, puissante et véritable,
de celles qui font souffrir autant qu’elles font du bien. C’est cet
amour secret, tendre et violent qui nous est donné de voir sur le
plateau dans l’expression bouleversante d’un sentiment à la fois
élévateur et destructeur.
Dans la mise en scène de Didier Long,
tout est dans la suggestion, l’évocation. La dimension poétique
transparait dans la scénographie minimaliste faite de paravent et de
volumes modulables, les jeux de lumières et les images naissantes.
L’ensemble est comme une douce caresse, une tendre torture corporelle
qui sommeille dans un écrin à l’esthétique raffinée. L’interprétation
est brillante et n’a rien d’une poudre aux yeux. Jeanne Ruff est
Mathilde, dans toute sa douceur. Bien qu’ayant peu de texte, l’actrice
impose une réelle présence et elle est la délicatesse même. Cette figure
féminine, légèrement en retrait, est totalement éclipsée par la beauté
sidérale de l’amour à la saveur d’un feu ardent qui vient dévorer les
deux poètes, les deux amants. Julien Alluguette, qui sera prochainement
en tournée avec Les Vœux du Cœur, est parfait. Il incarne le
Rimbaud que nous imaginons, celui qui se laisse dicter sa vie par la
fougue, l’insouciance et la provocation, un rebelle en quête d’absolu.
Dans cette Eclipse Totale, il est le Soleil ! Il brille de
mille feux talentueux et s’impose sur le plateau, resplendissant
littéralement et se montrant incroyable de justesse. Sa passion est à
l’image de son œuvre : moderne et fulgurante. Pour lui, « tout ce qui
compte c’est l’écriture ».
Le poète précoce et génie éternel (Verlaine
dira de lui qu’il a « un siècle d’avance ») croque la vie à pleines
dents, à la vitesse de celui qui ne veut pas en perdre une seule
nanoseconde et qui veut faire dans sa chair l’expérience de tout.
Emotionnellement parlant, il vient nous chahuter et nous entraîne dans
sa tornade, à l’image de la passion de son personnage pour Verlaine.
C’est Didier Long qui endosse ce rôle d’homme indécis, complexe,
violent, tiraillé entre deux feux et torturé par ce qu’il ressent.
L’interprétation des deux amants est impeccable. Leur implication
demande une folle énergie et ils s’offrent sans réserve. « En amour, le
corps prime sur l’âme » selon Verlaine. Alors, ils se consument tous
deux d’un amour solaire si incandescent qu’ils vont s’y brûler les
ailes. De ces deux années d’un amour scandaleux entre Bruxelles et
Londres, il en résultera leurs plus beaux poèmes. Si Jacques Prévert
affirmait que « la vie sépare ceux qui s’aiment », la mort n’a pu mettre
un terme à leur destin, unit à jamais. Avec Verlaine, Rimbaud voulait
apprendre et il a appris. Cet enragé, ce révolté, « trop intelligent
pour être heureux » n’est que fulgurance. Les amants se déchirent, se
quittent, se retrouvent, se supplient et se perdent, l’un dans l’autre
puis l’un sans l’autre. Verlaine admettra même que Rimbaud n’est pas
mort mais piégé à l’intérieur de lui, comme une union éternelle.
Leur amour est une drogue au même titre
que l’absinthe ingurgitée tout au long de leur existence. Ils se perdent
dans des paradis artificiels et se trouvent pour toujours. Bien plus
qu’un coup de cœur, c’est un véritable coup de foudre que nous avons eu
pour Eclipse Totale. Didier Long s’appuie sur le texte du
dramaturge anglais Christopher Hampton qu’il adapte et met en scène
merveilleusement bien. Nous n’imaginons pas un seul instant que ce
spectacle ne soit pas repris prochainement dans un théâtre parisien. Il a
tous les ingrédients pour aller loin et atteindre des sommets.
Julien Alluguette est un acteur de 32 ans, nominé deux fois au Molière et qui jouait, durant le Festival d’Avignon 2016, le rôle du poète Rimbaud, dans une pièce mise en scène par Didier Long : Eclipse Totale. Tombés en admiration pour ce jeune homme d’une sensibilité à fleur de peau en début de saison 15-16 grâce à son interprétation de Brian dans Les vœux du cœur, nous avons voulu en savoir un peu plus sur ce passionné au grand cœur, au détour d’un entretien qu’il nous a accordé avec une immense gentillesse doublée d’une sincérité inouïe.
Quel est ton parcours, celui qui t’a mené jusqu’au théâtre ?
J’ai commencé quand j’étais très jeune, vers sept ou huit ans. Jusqu’à mes onze ans, j’ai pris des cours, en banlieue parisienne avec François Cadet qui est décédé depuis et qui jouait d’ailleurs dans Les enquêtes du commissaire Maigret. C’est lui qui m’a donné le goût et l’envie de la scène. Ensuite, j’ai commencé à avoir un agent mais mes parents ont déménagé en Savoie. J’ai donc arrêté le théâtre mais j’ai fait de la chanson, de la musique, de la danse. Il y a douze-treize ans, j’ai repris le théâtre quand je suis parti à Lyon. J’ai fini au Cours Florent à Paris et j’ai commencé à travaillé en même temps que je finissais ma formation.
Dans Eclipse Totale, tu interprètes Rimbaud. Quelle rencontre as-tu eu avec ce poète et comment as-tu abordé ce rôle ?
J’étais « assez flippé » [rires] parce que Rimbaud est une figure impressionnante de par la modernité et la fulgurance de son œuvre. Il a tout écrit entre seize et vingt-deux ans ! Moi-même, quand je lis ses poèmes, il y a des choses que je trouve, cent cinquante ans plus tard, d’une modernité absolue. C’est complètement dingue. Et puis, il y a un film qui s’est tourné avec Léonardo DiCaprio [Rimbaud Verlaine (Total Eclipse), sorti en 2005 ndlr] qui est basé sur cette pièce donc j’avais une petite pression en me disant « tu joues Rimbaud, tu passes après DiCaprio, tu as intérêt à être au taquet ». Je me suis préparé à ce rôle en lisant beaucoup de biographies sur Rimbaud, mais aussi sur son histoire avec Verlaine, sans compter les documentaires qui ont été faits sur lui, sur eux. Et puis évidemment, j’ai lu ses poèmes. Je n’ai pas tout lu et il y a des choses à côté desquelles que je suis passé. Il y en a d’une beauté sidérale. J’ai essayé de m’imprégner et de prendre la matière première en voyant ce qu’il en restait. Il ne s’agissait pas de faire une reconstitution totale de qui était Rimbaud parce que peu de choses restent, on a seulement quelques photos, mais je voulais surtout m’appuyer sur l’image que l’on peut s’en donner. Je voulais être le plus proche de cela et être davantage dans l’incarnation de cet aspect.
A quoi ressemble ta journée-type à Avignon ?
On se couche très tard, beaucoup trop tard donc forcément, on se lève tard. On essaye de profiter de la matinée pour se reposer, à quelques minutes des remparts. Ensuite, nous venons sur Avignon. On essaye d’aller tracter et parler du spectacle. De temps en temps nous allons voir les copains jouer. On arrive au théâtre vers 20h30 pour nous préparer, nous mettre en place, installer le décor pour être prêts à 21h45. Après la pièce, en général, nous allons boire des coups avec les copains qui sont venus nous voir, on discute un peu ou alors on rentre se coucher quand nous sommes vraiment trop fatigués.
As-tu eu un ou plusieurs coups de cœur dans cette édition 2016, que ce soit dans le IN ou dans le OFF, et si oui lesquels et pourquoi ?
Dans le IN, j’ai vu peu de choses mais j’ai été voir Le Radeau de la méduse de Thomas Jolly. Thomas est un copain mais c’est surtout quelqu’un que j’aime énormément. Je trouve son travail absolument admirable. Du coup, je n’ai pas été déçu, j’ai trouvé ça vraiment très bien. Dans le OFF, parmi ce que j’ai vu, il y a 31 [comédie musicale mise en scène par Virginie Lemoine ndlr] que j’ai beaucoup aimé et Adieu Monsieur Haffmann. Il y a aussi plein de choses que je n’ai pas encore eu le temps d’aller voir.
Dans Les vœux du cœur, tu interprétais Brian, un amoureux sensible et touchant. Dans Eclipse Totale, tu es Rimbaud. A chaque fois, les personnages que tu incarnes ont un rapport assez fort avec l’amour. Quel amoureux es-tu Julien ?
Je suis un idéaliste, un romantique mais en même temps, avec les années, j’essaye de me construire une petite carapace. Cependant, je reste un romantique, un utopiste, un idéaliste.
Justement, tu as 32 ans. Quel rêve voudrais-tu réaliser au cours des trente-deux prochaines années ?
Ça fait beaucoup encore trente-deux ans ! Être papa ! C’est l’un de mes rêves et c’est assez réalisable. A part ça, bien sûr je veux continuer à faire du théâtre et du cinéma, à continuer de mettre en scène des spectacles et à bosser avec des gens formidables. J’adore mon métier, ce que je fais et vivre des moments comme ceux que nous sommes en train de vivre sur Avignon.
Imaginons que tu sois contraint de partir sur une île déserte. Quel livre emmènerais-tu ?
Un poème de Rimbaud !
Quel est ton meilleur souvenir théâtral, que ce soit en tant que spectateur ou en tant qu’acteur ?
En tant que spectateur, c’est une question assez difficile parce que je vais beaucoup au théâtre et je vois beaucoup de choses magnifiques. S’il fallait choisir dans les dernières choses que j’ai vues cette année, je diraiRichard III de Thomas Jolly que j’ai trouvé formidable. J’avais vu aussi il y a quelques années Master Class avec Marie Lafôret qui m’avait mis une sacrée baffe. En tant que comédien, de l’intérieur, Equus reste pour moi un spectacle qui m’a beaucoup marqué mis en scène par Didier Long avec qui je joue actuellement.
Quel spectateur de théâtre es-tu ?
Je suis un spectateur très régulier. J’adore aller au théâtre. Je vais voir les copains mais j’adore aussi découvrir de nouvelles choses et me laisser embarquer pour de nouvelles pièces ou mises en scènes. Je suis très curieux, j’aime voir ce que font les autres. Comme je mets aussi en scène, j’aime repérer des comédiens et me dire « tiens, j’aimerai bien travailler avec lui un jour, le mettre en scène ou être son partenaire ». J’y vais toujours avec beaucoup d’envies, un peu comme un gamin qui va au spectacle.
Est-ce qu’il y a un personnage ou un type de personnages que tu aimerais interpréter ?
Oui, il y en a deux : Louis Laine dans l’Echange de Paul Claudel et Mozart dans Amadeus de Peter Shaffer. Ce sont deux petites partitions sympathiques et simples.
Quelle est ta vision du théâtre et quel rôle joue-t-il dans notre société actuelle ?
Il est absolument essentiel et primordial mais malheureusement, je pense qu’il y a beaucoup de choses qui essayent de mettre des bâtons dans les roues de cet art-là et que c’est vraiment dommage parce que pour moi, le rôle du théâtre, c’est d’élever les gens, de les faire réfléchir. Bien sûr, ça peut être avec divertissement et amusement, mais en tout cas, il faut chercher à élever les consciences en faisant prendre conscience aux gens du monde dans lequel nous vivons et dans lequel nous évoluons. Parfois, je regrette que certaines pièces cherchent uniquement à divertir, sans aucun propos réel derrière, sans message. C’est une chance de pouvoir jouer, mettre en scène, avoir un théâtre pour s’exprimer alors n’en faire qu’un divertissement banal, je trouve que c’est dommage. On peut être divertissant mais en faisant passer un message. C’est formidable quand on arrive à faire rire les gens avec un sujet qui va les faire réfléchir derrière. Je trouve ça beau parce que si chaque soir, on arrive à changer la vie ou l’avis ne serait-ce que d’une seule personne, alors, le contrat est déjà rempli ! C’est pour cela que l’on fait ce métier je pense.
Tu as été nominé deux fois aux Molières : en 2009 pour Equus et en 2016 pour Les vœux du cœur que j’avais personnellement beaucoup appréciée. Que peut-on te souhaiter de meilleur pour la suite ?
Le Molière ? [rires]. On peut surtout me souhaiter de pouvoir continuer à faire ce métier encore très longtemps et le faire avec des personnes que j’admire, avec lesquelles j’ai envie de travailler et qui ont envie de travailler avec moi en retour, avec des équipes aussi formidables que celles que j’ai pour le moment. Je suis très gâté : j’ai bossé avec des metteurs en scènes formidables, avec des équipes et des partenaires formidables, sur des rôles géniaux à défendre donc je me sens particulièrement gâté et en même temps, j’espère leur rendre la monnaie de leur pièce.
Après Avignon, quels sont tes projets ?
Un tout petit peu de repos. Après, je monte un spectacle au Casino de Paris. C’est un spectacle musical jeunesse qui s’appelle Peppa Pig à destination des petits, adapté d’un dessin animé assez connu en France et en Angleterre. Il sera joué à Paris pendant plusieurs mois avant de partir en tournée. A partir de fin septembre, je reprends, également en tournée, Les vœux du cœur et puis j’espère vraiment qu’Eclipse Totale débarquera à Paris en 2017. Après j’ai d’autres choses mais comme c’est un peu plus lointain, je t’en parlerai un peu plus tard si tu le veux bien.
"...
C’est une histoire d’amour fou ... Didier Long a adapté la pièce de
Christopher Hampton et incarne lui-même Verlaine face à Julien
Alluguette qui joue Rimbaud (...) Didier Long affiche une sensualité et
une générosité de grand enfant blessé par la vie, tandis que Julien
Alluguette est toute révolte, ironie et sauvagerie !"..."
"...Julien
Alluguette est un Rimbaud de grand allure. Dès son entrée sur le
plateau, il est étonnant, en garçon insolent, qui ne sait pas se tenir
mais a des éclairs dans la tête. Il déploie ensuite la douce violence du
fauve: [il] compose fort bien cette façade tranquille d'un animal
humain sûr d'être le maître quand les débats et les combats approchent
de leur terme..."
"[A "La condition des soies"..] à 21h45, voyez Éclipse totale,
l'histoire des relations passionnées et orageuses de Rimbaud, Julien
Alluguette, sensible et ardent, et de Verlaine. C'est Didier Long qui
incarne le Faune [...] La pièce de Christopher Hampton échappe à son
côté scène de ménage douloureuse grâce au jeu. Dans le rôle de l'épouse
de Verlaine et dans celui d'Isabelle Rimbaud, la ravissante et fine
Jeanne Ruff, apporte une note touchante..."